A propos du culte - Réflexions
La Cène : plus quun commandement : une
invitation et un mémorial 1 Corinthiens 10.16-18 ; 11.23-27
A mesure que nous avançons dans le chemin et que nous
approchons du moment où tout sera parfait, la fête qui nous rassemble le premier jour de
la semaine et qui va devenir une fête perpétuelle gagne, je nen doute pas, nos
coeurs à tous, et acquiert un prix de plus en plus inestimable, jusquau moment où
nous en jouirons dune manière parfaite.
Je me souviens de ma jeunesse, où, pendant bien des
années jai pris ce repas avec les enfants de Dieu réunis au nom du Seigneur, en
considérant cet acte comme un commandement du Seigneur.
Je le voyais comme un devoir, et, pourtant, ce
nest nullement un commandement, cest une invitation. Je néprouvais
alors aucune jouissance, et cest peut-être le cas de plusieurs jeunes âmes...
Chers amis, est-ce que nous estimons cette fête comme elle devrait lêtre ?
Comme un mémorial ? Le Seigneur a dit : "Faites ceci en mémoire de
moi". Voilà la part la plus intime qui est placée devant nous : un
mémorial. Pourquoi nous asseyons-nous à cette table ? Pour faire un repas présidé
par le Seigneur Jésus lui-même. Cest une scène dintimité où il est
question de jouissance. Nous y venons pour nous nourrir de ce corps qui a été donné
pour nous. Il sagit dentrer dans une connaissance intime avec cet amour qui a
porté Christ à se donner Lui-même tout entier sans rien garder pour Lui, ne pensant
quà nous.
Il y a là une communion intime avec Lui ; et
encore, il y a là une communion les uns avec les autres. Tous sont conviés avec la même
pensée, avec la même jouissance ; combien cela est propre à nous remplir de repos
et de force ! Quand nous avons célébré ce mémorial, nous pouvons continuer la
route avec une énergie nouvelle.
Voilà ce qui est avant tout notre bonheur, notre
jouissance : nous nourrir de Lui, nous entretenir de cet amour sans limite que nous
ne sonderons que dans léternité !
Une autre chose et ma pensée va spécialement
aux jeunes ce repas, que nous faisons chaque premier jour de la semaine, est une
proclamation, un témoignage. Il y a deux voix qui retentissent, lune
sadressant au monde, lautre montant vers le ciel.
Cest une grande chose que ce témoignage. Vous ne
trouvez pas un endroit dans ce monde où il y ait un témoignage rendu dans le
silence ; le nôtre, chaque premier jour de la semaine, na pas besoin de parole
qui sexprime par des mots, mais cest un témoignage devant le monde.
Chers amis, il faut beaucoup penser à cela. Ce
nest pas la jouissance la plus élevée, sans doute, mais ce témoignage est
dune immense importance pour ce monde. La chose la plus élevée, cest la voix
qui monte vers le ciel, en adoration et en louanges. Je me souviens de la parole dun
cher frère, maintenant auprès du Seigneur : Ne voyez-vous pas, me disait-il, que la
Cène est un cantique ?
La Cène est lexpression de ladoration.
Nous ne dirions pas un mot que la coupe que nous prenons dans nos mains serait
ladoration elle-même présentée devant Dieu. Plus nous nous occupons de cette
fête qui nous est préparée, plus nous voyons des trésors en jaillir pour nos coeurs,
et plus nous comprenons ce quelle est pour ceux qui la connaissent. Elle se
répétera durant toute léternité ; nous la célébrerons autour de
lAgneau, dans sa grandeur et dans sa perfection.
Le Culte en esprit et en vérité Jean 4.1-30
Il nous paraît étrange que le Seigneur choisisse
cette pauvre femme pécheresse, méprisée, cette femme dont la vie entière parlait
contre elle, pour lui révéler les choses les plus élevées que la Bible nous ait jamais
fait connaître : le don de Dieu. Le Seigneur sort, pour ainsi dire, cette femme de
toutes ses préoccupations terrestres, de son entourage, de son milieu de péché, pour
lintroduire où ? Dans le ciel.
Cette femme montre toute son ignorance, tout son
endurcissement de coeur quant aux choses de Dieu, et cest cette pauvre créature,
qui comprend à peine ce quest le péché, qui est introduite dans le ciel, dans la
présence même de Dieu, avec la faculté de pouvoir comprendre avec intelligence ce que
le Seigneur lui révèle. Dieu se manifeste à elle comme le Père, en sorte quil
ny a absolument aucune séparation entre cette pauvre femme pécheresse et le Dieu
Saint.
Cette créature misérable a la faculté de
sapprocher du Dieu Saint, elle est introduite devant Lui comme son enfant. Le
Seigneur lui parle du Père, elle peut Le connaître comme tel, et ladorer, elle,
cette pécheresse ! elle peut adorer le Dieu Saint en esprit et en vérité.
La voilà rendue capable de sapprocher de Dieu,
non pas avec un esprit de femme pécheresse. mais avec lesprit de Dieu, et de le
faire avec un caractère parfait, le caractère même du Dieu Souverain.
Tout cela est révélé à cette pauvre, misérable
femme. Valons-nous mieux quelle ? Certes, non ! cette femme avait des
qualités, elle avait besoin daffection il nous est dit quelle avait eu
quatre maris donc elle avait besoin de sattacher à quelquun, et elle
possédait des qualités beaucoup plus réelles que beaucoup dentre nous. Et bien,
cest à cette femme qui ne pouvait sappuyer sur rien, cest à nous qui
ne pouvons pas non plus nous appuyer sur quoi que ce soit, que ces révélations sont
faites.
Nous sommes tout dun coup retirés de toutes nos
préoccupations terrestres. Dieu a soin de nous sortir absolument de tout lentourage
humain, et Il nous transporte en un instant devant Lui, ayant le caractère et la vie que
Lui-même possède, avec lEsprit qui est son Esprit, de sorte que nous pouvons nous
adresser à Lui en pleine connaissance : Il mest révélé dans la Personne de
Christ. Nous voyons dans un homme lensemble des perfections divines sur lesquelles
nous pouvons nous appuyer et nous sommes reçus de Dieu avec une pleine et entière
satisfaction. Dieu dit : "je suis absolument satisfait". Il voit en nous
des adorateurs qui viennent ladorer en Esprit et en vérité.
"Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui
ladorent, ladorent en Esprit et en Vérité... Le Père en cherche de tels qui
ladorent".
Il nous a cherchés comme Il avait cherché la femme
Samaritaine. Réalisons-nous cela, réalisons-nous ce que cest que le culte du
premier jour de la semaine où nous sommes appelés à adorer le Père en Esprit et en
vérité ?
Cette femme, si ignorante, ne connaissait pas le don de
Dieu comme nous avons appris à le connaître. Mais, quand elle sest trouvée
placée en face de la perfection divine, elle na pas eu la moindre pensée de doute
sur la grandeur des bénédictions qui lui étaient offertes. Que fait-elle ? elle
devient évangéliste. Elle laisse sa cruche, elle abandonne aussitôt ses occupations
pour aller annoncer la bonne nouvelle. Elle veut amener dautres âmes à cette
fontaine deau vive qui vient de la rafraîchir, elle veut que dautres
apprennent à connaître lhomme parfait quelle a devant elle.
Nous avons le privilège de connaître ce don de Dieu.
Sortons de nos préoccupations dici-bas, sortons de lentourage de ce monde, ne
soyons occupés que dune seule chose, dune seule Personne, cette Personne
bénie du Seigneur Jésus, afin que par Lui nous soyons rendus capables dadorer le
Père, et de ladorer comme Il veut que les siens adorent : en esprit et en
vérité.
Henri Rossier |